Les Axes de Recherche

En vue d’atteindre les différents objectifs – généraux et spécifiques de la Chaire, les activités de Chaire de la Complexité ont pour objet de documenter, mesurer, analyser les déterminants et les enjeux de la Complexité selon ces trois axes : l’identité, l’éthique et le territoire dans un environnement ouvert et pour des populations d’origine et de devenirs divers.

Qui sommes-nous ? Plus nous échangeons et plus nous connaissons l’humain et moins nous le comprenons : les dissociations entre les différentes disciplines et leur savoir, la spécialisation et la « silotisation », cristallisation de certains domaines invitent à la prise en compte de la notion de la complexité autour de l’identité. Cette approche a pour but de relier et de revisiter la notion d’identité biologique, d’identité subjective et d’identité sociale et territoriale.

A l’heure où les tensions et les peurs sont grandissantes, la seule façon de redonner du sens à des notions aussi fragiles consiste à reconnaître les liens complexes qui se tissent autour de l’identité de chaque individu. L’humain est quelque chose de « un », mais il appartient à un ensemble dont les liens sont tissés de fils extrêmement divers, et d’origines différentes. Derrière l’unité évidente, il y a le complexe de nos individualités, la multiplicité de ces composantes.

Cette prise de conscience et les innombrables implications philosophiques, éthiques, politiques, sociales, territoriales et spirituelles participent au refus de la violence et de la haine. Elle nous permet de nourrir notre idéal de paix et de « mieux vivre », de reployer l’attention, l’amour, l’inclusion et le secours qu’appellent la fragilité et la vulnérabilité d’autrui.

La Chaire propose donc de rompre avec le morcellement de l’humain. Et de reployer l’identité de l’Etre dans ses dimensions à la fois biologique, éthique et territoriale et ce, afin d’en explorer la complexité et d’en élaborer la complémentarité.

Les développements exponentiels de technologies, la notion d’homme augmenté et le début de succès du transhumanisme exigent de nous que nous nous plongions dans la question de l’humain et de l’éthique. Que nous tentions de penser l’humain et son univers de manière décloisonnée, en intégrant le progrès dans ses multiples dimensions économique, politique et social.

Pour essayer de répondre à ces questions: Qui suis-je ? Quel humain en devenir ? Quel avenir souhaitons-nous ? Quelle transformation face à l’injustice sociale ? Nous proposons de réfléchir sur le sens moral et politique de la responsabilité à assumer à l’égard de la souffrance et l’exclusion que génèrent l’injustice, les inégalités grandissantes et de replacer l’éthique et la justice sociale au cœur du projet de développement.

Analyser ce qu’impliquent les métamorphoses et les transformations à l’échelle de nos Etats et de leurs politiques sociales et environnementales. Redéfinir la place de l’éthique dans un environnement capitaliste et libéral. Imaginer les étapes pour que l’organisation collective, aujourd’hui sous tension, puisse repenser la prise en charge des risques politiques et environnementaux (entre autres) afin de pouvoir agir contre les injustices de manière durable.

Ainsi, la Chaire propose de porter son regard sur la mise en cohérence entre les politiques sociales et économiques et une approche « éthique » en ligne avec les objectifs de développement durable. Une approche qui permette d’aborder les soubresauts et les tensions d’un monde où le rapport de force et la violence prennent parfois place de manière politique (comme on a pu le voir avec l’arrivée de Trump au pouvoir).

Ce 2eme axe a donc pour vocation d’explorer la notion d’éthique reconstructive et d’identifier quelles sont les dynamiques qui permettent d’avancer, quels sont les pays qui montrent l’exemple en termes d’éthique, quels sont les nouveaux modèles qui permettent de réinventer l’Etat social, de réaffirmer les identités, stabiliser les équilibres, renforcer l’interdépendance tout en diminuant les inégalités.

Ainsi, ce 2eme axe de recherche, cette éthique « post-séculière » et complexe, au travers des différents angles d’étude, permettra-t-elle d’envisager une forme de réconciliation entre les différentes forces en place tout en permettant une prise de responsabilité de chacun dans la mise en place d’un avenir possible et plus juste sur l’ensemble des territoires concernés.

La conscience d’une communauté humaine dans la « Terre-patrie » est de plus en plus présente. On le voit lorsqu’il s’agit de réfugiés qui perdre leur terre suite à des guerres, des famines ou des atrocités. La Terre-patrie signifie, comme le définit Edgar Morin, que tous les êtres humains partagent une même destinée et que nous avons la responsabilité de nos territoires, de ceux qui les occupent et de leur devenir. Nous faisons face aux mêmes périls vitaux – réchauffement climatique, multiplication des armes atomiques, économies incontrôlées, fanatismes en progression, etc…Nous avons la responsabilité de prendre conscience de nos responsabilités.

C’est notre 3eme axe : le territoire, là où se tissent les liens, où se réfugient les uns, où s’installent et progressent les autres. Une nouvelle forme de collaboration est à inventer entre les individus, l’Etat et le territoire.

Il y a un effort de réflexion à faire sur cette dimension, qui touche à la fois la nature et l’humanité elle-même.

Le rôle de la Chaire est donc de fertiliser la pensée sur ce 3eme axe de réflexion, d’encourager les initiatives, comme celles d’action d’inclusion et de revitalisation. Ainsi, il faut, naturellement, « penser global » et penser le global dans ses relations entre le tout et les parties. Avec un aller-retour permanent entre le local et le global.

Sur ce point, la Chaire propose de rassembler les points de vue de géographes, démographes, économistes et spirituels et de traiter de façon transversale la question territoriale afin d’imaginer de nouvelles formes de collaboration, de développement et de mieux vivre ensemble. Le territoire devient aujourd’hui le lieu de ces nouvelles vies et de leurs métamorphoses. C’est ce que nous proposons d’explorer au sein de la Chaire, tout en y associant les deux premières thématiques de l’Identité et de l’Ethique.